Ulltimes
ovations
Les ovations sont pour le Dreigroschenoper donné au Théâtre des Champs-Elysées ce dimanche 15 juin. Un grand concert marqué par des prestations
remarquables et la générosité chaleureuse de tous les artistes de talent réunis à l’affiche. Quatre sous peut-être,mais aussi et surtout quatre
stars. La première, et sans doute la plus admirable, Dorothea Röschmann, nous a gratifié ce soir d’une somptueuse Polly. La voix est sublime, l’approche stylistique superlative. Le bonheur est total à chacune de ses interventions. A ses côtés Ian Bostridge et Angelika Kirchschlager font le show avec autant de classe que de beauté dans la voix (et même un
zeste de chien bienvenu pour la belle Angelika). Hanna Schwarz impressionne quant à elle toujours autant par la profondeur de sa voix et son
incroyable magnétisme. Et le Brown de Florian Boesch et la
Lucy de Cora Burggraaf font bien mieux que simplement compléter ce royal quatuor. L’inimitable Klangforum
Wien, aux beautés décidément irrésistibles, admirablement dirigé par un Heinz-Karl Grüber manifestement enthousiaste, fait tout le reste et mieux
encore. Ovations longues et chaleureuses au rideau final, et, en prime, trois duos et le dernier finale en bis. Un grand concert et une grande soirée pour une œuvre dont le génie ne finit pas de
me surprendre. Un constat tout simple : je n’avais pas pris tel pied à un concert vocal depuis belle lurette.
Relâche et vacances
Après ces dernières ovations, relâche. Non pas que la saison soit tout à fait finie. Mais il n’aura pas échappé au lecteur régulier que ma plume est devenue moins fréquente ces derniers temps. Le
manque de temps n’est jamais que l’autre nom du manque d’intérêt ou de désir. A dire vrai, ma motivation marque le pas pour alimenter ces pages aussi régulièrement que par le passé. Effet de
lassitude sans doute, mais aussi relatif manque d’intérêt pour la saison à venir, qui me verra prendre résidence essentiellement salle Pleyel. Le désir et le plaisir se remanifesteront à nouveau
peut-être, mais, en attendant, rien dans la saison lyrique à venir n’excite suffisamment mon esprit pour justifier le maintien de cette activité régulière et chronophage. Ce blog épouse une
période de la vie musicale parisienne concommitante au mandat de Gérard Mortier à l’Opéra de Paris, aux quelques premiers mois près, mais aussi à la réouverture de Pleyel et à la fin d’un
certain Châtelet. Epoque passionnante, riche en événements de tous ordres, propice à tous les débats, exégèses et affirmations artistiques. « No
great artist ever sees things as they really are. If he did he would cease to be an artist. » (Oscar Wilde) : on ne saurait mieux dire. Il n'y a pire tombeau pour l'art que le
conformisme, voire la juste mesure. Dieu lui-même ne vomit-il pas les tièdes ?
En attendant une reprise, quelques liens
Je laisse donc en l’état, et pour l’instant, 285 chroniques, dont j’ai
plaisir à voir que pour certaines elles restent consultées fréquemment bien après leur parution. Sont notamment concernées : la critique du Parsifal de Warlikowski, l’écho de la création londonienne du Doctor Atomic de John Adams, le portrait de Franco Corelli, la
présentation de l’Otello de Rossini, ou bien encore la discographie de Die Frau ohne Schatten. J’ai remonté dans la chronologie quelques sujets plus chers
à mon cœur relatifs à Elisabeth Grümmer, Jon Vickers ou le Dalibor de Bedrich Smetana. Je n’ai pas trouvé d’artifice simple pour mettre en valeur quelques merveilleux
bonheurs musicaux (et personnels) rencontrés dans d’autres théâtres européens. Je profite de ce paragraphe pour évoquer le souvenir d’un beau Cosi Fan Tutte au San
Carlo, d’un magique Orlando à Covent Garden ou encore d’une
Lady Macbeth de Mzensk à la Scala de haut vol.
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