Guerre et Paix, Bastille, 14/03/2005

Publié le par Friedmund

De retour de la première... avec une pointe de déception au niveau vocal par rapport au souvenir de 2001.

Pour commencer, Bo Skhovus est une vraie déception en André: la voix n'a rien d'exceptionnelle pour le rôle, et surtout, l'acteur est en permanence agité avec de grands gestes nerveux exagérés, ce qui me semble contraire à la noblesse retenue du personnage... et finit par être extrêmement pénible - il a d'ailleurs été accueilli par quelques huées au salut final; Nathan Gunn, de moindre renom peut-être, m'avait fait toute autre impression. Idem pour Pierre, chanté avec délicatesse par un ténor dont le nom m'échappe: Robert Brubaker était étonnant de force et de caractère en 2001, avec sa voix lyrique et solide (le reverra t'on bientôt?). Ognovenko a une voix superbe, mais une expression un peu molle (alors que son Khovanski était franchement musclé); Kotscherga me laisse le souvenir d'avoir été autrement charismatique et musical.

Parmi les chanteurs faisant partie de la distribution d'orignie, Guryakova me semble avoir perdu un peu de sa fraîcheur vocale, mais reste valeureuse et sensible. Rien à redire par contre de la Bezukhova de Zaremba et du Napoleon de Gerello, tous deux superbes.

Quant à Jurovski, je l'ai trouvé moins électrique que dans ses Dame de Pique, souvent hâtif, incontestablement plus à l'aise dans la Guerre que dans la Paix: honnête, de qualité, mais rien de bien transcendant dans une partition orchestrale pourtant souvent somptueuse.

La production est toujours aussi belle, vivante et élégante, à la fois spectaculaire et bien pensée pour chaque personnage. C'est une des grandes réussites de Zambello, et peut-être au bout du compte le meilleur spectacle de l'ère Gall.

Et puis Guerre et Paix est un si bel opéra, et si rare, que c'est un plaisir à consommer sans modération !

 

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Publié dans Saison 2004-2005

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