Otello, Bastille, 21/02/2005

Publié le par Friedmund

Miracle orchestral ce soir!  

 A part dans le monologue du III, Gergiev n'a globalement jamais couvert les chanteurs. Par contre, plus la soirée a avancée plus il a tapé fort, surtout au IV après la mort de Désdémone (et un tutti vraiment outrancier, et psychologiquement bien faux, au III, avant a terra, si nel livido). Ces excès mis à part, j'ai trouvé la direction de Gergiev vraiment très personnelle et très souvent fascinante. Symphonique, lent, lyrique, il réinvente complètement certains passages: les cordes qui pleurent magnifiquement, toutes en lenteur, avant d'un uom que geme, le concertato du III traité comme un lamento, cet ora e per sempre complètement réinventé après une introduction lentissime et superbe, où bien encore l'alchimie sonore incroyable de sensualité du duo d'amour etc. L'intérêt est presque constamment soutenu de façon passionnante et avec beaucoup de richesse musicale.

En ce qui concerne la distribution, Alvarez est le plus convaincant, indubitablement parfait vocalement, mais manque un peu de charisme quand même (ce n'est pas la mise en scène qui lui en procurera, certes). Isokoski a battu les records ce soir à l'applaudimètre, et ce n'est que justice: ce fut la seule vraiment émouvante, et la voix est magnifique, même si l'on sent quand même que ce n'est pas son emploi naturel (et son italien est peu idiomatique, ce que je n'avais pas remarqué dans ses Mozart).

Quant à Galouzine, j'ose espérer que c'était un mauvais soir: aigu instable dès son entrée et les premières phrases duo d'amour, aphone et détimbré dès le milieu du III, peu de respect de la phrase musicale (je tremble encore de la mini-vocalise franchement savonnée sur eburnea mano), et des fautes de goûts et accidents à ne plus en finir (pour compenser le reste sans doute). Quelques huées au rideau final parmi des applaudissements polis en comparaison des autres chanteurs. Un brin de déception, c'était bien mieux la saison dernière ; j'espère que c'était une méforme passagère, juste pour me faire démentir tout le bien que dis habituellement de ce ténor en général et de son Otello en particulier.

Pour finir, la mise en scène de Serban m’est apparue encore plus laide et grotesque que dans mon souvenir...

 

 

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Publié dans Saison 2004-2005

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