Récital Villazon, Champs-Elysées, 01/04/2006
Première partie
Le Nozze di Figaro : Ouverture
Die Zauberflöte: Dies Bildnis
Don Giovanni: Il mio tesoro intanto
Lucia di Lamermoor: Tombe degli avi miei
Le Mage: Ah! Parais!
Seconde partie
La Forza del Destino: Ouverture
Un Ballo in Maschera: Forse la soglie attinse
Eugene Oneguine: Kuda, kuda
Manon Lescaut: Intermezzo
Tosca: Recondita armonia
Cavalliera Rusticana: Mamma, quel vino
Bis
I lombardi: La mia letizia infodere
Carmen: La fleur que tu m'avais jetée
Werther: Pourquoi me réveiller?
La Tabernea del Puerto: No puede ser
Rolando Villazon
Orchestre National de France, Marco Armiliato
Bonne soirée, un soupçon décevante tout de même par rapport à son exceptionnel premier récital il y a un an et un jour exactement.
Villazon ne choisit pas la facilité en commençant par un Dies Bildnis ardu à froid, qu'il restitue bien, avec style, mais sans aura particulière. Il mio tesoro est autrement plus convaincant, superbement musical, viril et nuancé à la fois, insoupçonnable a priori d'un tel ténor. Aigu final craqué ou pas, Fra poco a me ricovero le trouve à son meilleur, incisif, dynamique et nuancé. L'air du Mage est lui bien lancé, mais l'orchestre tape malheureusement à ne plus en finir tout du long, masquant les intentions du chanteur.
En seconde partie, Ma se m'e forza perderti est assez réussi, mais l'aria nécessite une intériorisation trop absente pour rendre compte des émotions de Riccardo. Cette sensibilité est plus manifeste dans l'air de Lenski, bien mené et très beau, quoique sans miracle particulier. Recondita armonia trouve Villazon tendu et mal à l'aise, contrairement à l'aria finale de Turridu, absolument superbe de concentration et de tension, non pas vocale cette fois-ci, mais dramatique.
Les bis commencent au mieux par une letizia infondere de toute beauté, détendue et très colorée. L'air de la fleur est aussi très beau, avec un si final forte étonnant chez ce roi du diminuendo et du son filé. Excellent lied d'Ossian en troisième bis, malheureusement très couvert une fois encore par l'orchestre. Et pour finir, l'inévitable Tabernea del puerto.
Accueil chaleureux du public, mais à mille lieues du délire de la saison dernière. Sans doute à raison.