Tristan und Isolde, Bastille, 06/12/2005

Publié le par Friedmund

C'est avec une émotion certaine que j'ai vu le rideau tomber ce soir pour cette dernière de Tristan. Je n'ai guère envie d'en faire un compte-rendu détaillé, tout à  été déjà dit sur la production et le plateau musical de cette reprise, et c'est surtout un adieu ému que je souhaite faire à ce spectacle.

Ce Tristan m'aura été un émerveillement depuis la première de la saison dernière à  la dernière de cette saison, et un compagnon fréquent de rêverie tous ces mois, et sans doute pour longtemps encore. Rarement un spectacle m'aura autant fasciné, et c'est avec bonheur que j'assistais ce soir à ma sixième représentation de cette éblouissante production. A défaut d'égaler la splendeur et les sommets musicaux d'avril, les représentations de cette saison auront remémoré toutes ces émotions.

Je me souviens encore avec émotion de la découverte de ces images les premières fois, de l'orchestre hypnotique de Salonen, de Waltraud Meier fascinante, d'un Franz-Josef Selig en état de grâce, du lyrisme d'Heppner, de la beauté saisissante des premières notes de Toby Spence... Je me souviens aussi de ces entractes ou quelques uns d'entre nous se retrouvaient en apesanteur, stupéfaits à  l'issue du I, bouleversés à la fin du II, hors du monde pour de longues heures à la fin du spectacle.

Aucune reprise de la production Sellars/Viola ne semble prévue à ce jour. Espérons que Gérard Mortier la reprogramme d'ici son départ, ne serait-ce que pour commémorer ce qui restera sans doute comme une de ses grandes réussites. Espérons aussi que Salonen sera de cette reprise, car quelles que soient les qualités de Gergiev les représentations de cette saison m'ont semblé montrer que Salonen était indissociable de Viola et de Sellars (du propre aveu de ce dernier). Espérons enfin que la distribution soit aussi éblouissante que lors du printemps dernier, avec, pourquoi pas, les débuts de Stemme à l'ONP.

Si jamais ce spectacle ne devait plus exister que dans nos mémoires, je tiens à  adresser ma plus grande gratitude à Sellars, Viola, Salonen, Meier, Heppner, Selig, Spence pour la beauté de ces instants et le bonheur du souvenir, ainsi qu'à Gérard Mortier de les avoir invités. Et merci également à l’équipe de cette année pour avoir fait revivre cette production inoubliable.

Encore merci, merci, merci.

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Publié dans Saison 2005-2006

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