Tristan und Isolde, Bastille, 29/11/2006
Représentation que j'ai trouvée des plus routinières, pour ne pas dire franchement décevante, ce mardi 29.
La direction de Gergiev m'a paru significativement moins équilibrée que le 12, dans le rapport fosse-scène (chanteurs couverts à de nombreuses reprises), mais aussi parmi les pupitres (surtout entre cuivres et cordes). Pour le reste, les qualités et défauts de cette interprétation m'ont paru les mêmes que le 12: beaucoup de fluidité et de finesse, de superbes phrasés aux cordes, des bois splendidement mis en valeur, mais également un manque de tension dramatique notable (le second acte était désespérément plat ce soir), et une conception d'ensemble moins marquante que ce qu'il était permis d'espérer.
Clifton Forbis s'est fait annoncer souffrant au début du troisième acte sans que cela nuise pourtant à son engagement dramatique et vocal pour un délire simplement époustouflant. Héroïque et sombre au premier acte, il bute toujours sur le second dont il n'a ni la beauté ni le lyrisme, question de matériau. Ces défauts nonobstant, le rôle est assumé vocalement de la première à la dernière note, ce qui reste fort appréciable. Je n'en dirai pas autant de Lisa Gasteen: la voix est très instable et laide dès que l'on approche de la borne supérieure de la portée, et parfois simplement à côté des notes requises; ces défauts acceptables (et encore...) dans Elektra ne le sont pas pour Isolde. Pas de problème en revanche pour le Marke impeccable et élégant de White, ni pour le Kurwenal de Marco-Buhrmester, en retrait pourtant par rapport à sa prestation du 12. Gubanova demeure torrentielle et superlative en Brangäne.