"Dieux et divas de l'opéra", Blanchard & Candé (Fayard)

Publié le par Friedmund

 

 

Je me suis attaché ces dernières semaines à mettre en lumières, de Naples à Dresde, quelques légendes romantiques du chant. Une part substantielle de ces portraits était tirée du superbe « Dieux et Divas de l’opéra » de Roger Blanchard et Roland de Candé paru il y a trois ans chez Fayard. Il n’était donc que justice que je lui rende ici l’hommage qu’il mérite.

 

Voici une somme incontournable sur les artistes majeurs de l’histoire de l’opéra. Tout au long des quatre siècles et huit cents pages de l’ouvrage, sont présentés les portraits détaillés (une à cinq pages, souvent illustrées) de plus de deux cent cinquante artistes qui auront marqué l’histoire de cet art, du Mantoue de Monteverdi au Met des années 30. Le parti pris d’écarter tout chanteur d’après-guerre, au motif de l’absence de recul historique suffisant peut-être discuté. Cette sortie des sentiers lyriques du vingtième siècle, déjà battus par de nombreux autres ouvrages, offre la perspective beaucoup plus originale et précieuse de ranimer le souvenir d’artistes beaucoup plus méconnus, et à l’influence historique pourtant autrement prépondérante. Qui se souvient encore aujourd’hui de Caterina Martinelli à qui Monteverdi destinait la création de son Arianna, de Marthe Le Rochois, la première Armide de Lully, ou encore de la basse londonienne de prédilection de Haendel, Henry Theodor Reinhold ? Et où trouver ailleurs tous ces portraits assemblés en un tout cohérent, riche, passionnant ?

 

Mais ce livre ne se contente pas de présenter à la suite, alphabétiquement ou chronologiquement, une galerie d’artistes. Il les regroupe logiquement en autant de périodes clé de l’histoire de l’opéra, savamment présentées et introduites en tête de chaque chapitre. Il acquière ainsi une dimension parallèle passionnante : une histoire de l’opéra à travers ses styles, ses révolutions, ses influences… et bien sûr ses interprètes.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser en profondeur à l’opéra, l’amateur n’avait alors qu’une seule référence : le « Kobbé » (Laffont). Vingt ans plus tard,  l’excellentissime «Mille et un opéras » de Piotr Kaminski (Fayard) a détrôné l’antique référence dans la présentation des œuvres. L’ouvrage de Blanchard et Candé s’impose à mon sens comme son indispensable et passionnant complément : l’histoire de l’opéra n’est guère séparable des artistes qui la façonnèrent ; les auteurs nous le démontrent ici avec brio et érudition.

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Publié dans Disques et livres

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