James King, portrait
James King naît aux Etats-Unis à Dodge City en 1925. Il est diplômé en musicologie des universités de Louisiane et de Kansas City. Il commence sa carrière comme de nombreux Heldentenor par des rôles de baryton, avant de faire de nouveaux débuts de ténor en 1961 en Don José à San Francisco, puis la même année à Florence en Cavaradossi. Sa carrière prend alors un envol remarquable et immédiat: il rejoint la troupe du Deutsche Oper en 1962, fait cette même année ses débuts à Salzbourg dans l'Achille de Gluck, puis ses débuts à Vienne en 1963 en Bacchus avant d'enflammer Bayreuth en 1965 pour un Siegmund désormais légendaire. Il fera également ses débuts au Met en 1966 puis en 1968 à Garnier (Calaf aux côtés de la Turandot de Nilsson). Il fut durant les années 60 et 70 un pilier de Bayreuth (Siegmund, Lohengrin, Parsifal), mais aussi de Salzbourg, de Munich et de Vienne. Kammersänger des opéras de Berlin, Munich et Vienne, il était récemment encore professeur de chant à l'université de l'Indiana.
Un des artistes fétiches de Böhm, il collabora avec lui, au delà du Ring de Wieland Wagner, tout particulièrement dans les rôles de ténors straussiens où il fut sans égal durant près de 30 ans (Aegisth, Appolo, mais surtout de somptueux Bacchus et de bouleversants Kaiser). Immense wagnérien et straussien, il fut également un immense Florestan, chanta divers autres rôles du répertoire germanique (Max, Erik, Walther, le Tambour-Major) et fréquenta régulièrement l'opéra italien (Calaf, Otello, Manrico, Cavaradossi, Pinkerton, Canio) ou français (Don José, Samson). Ténor solide, mais toujours élégant et rayonnant, il savait toujours charger ses rôles d'une vérité dramatique et d'une force émotionnelle étonnante. Ses Lohengrin, Siegmund, Kaiser ou Florestan illustrent tout particulièrement ce don de tragédien émouvant et sincère. Sa disparition en 2005 me laisse un peu orphelin, tant son Siegmund aux côtés de Rysanek est associé à ma découverte pasionnée de l’opéra, adolescent…
Discographie rapide
Fidelio – Böhm / Jones (Decca)
Fidelio – Böhm /Behrens (Orfeo)
Madama Butterfly – Patane / Chiara (BMG)
Samson et Dalila – Patane / Ludwig (BMG)
Salomé – Leinsdorf / Caballe / Milnes/Lewis (RCA)
Elektra – Karajan /Varnay / Mödl (DG)
Ariadne auf Naxos – Kempe / Janowitz (EMI)
Ariadne auf Naxos – Levine / Norman/ Battle (DG, DVD)
Die Frau ohne Schatten – Böhm / Rysanek / Nilsson (DG)
Daphné – Böhm / Güden / Wunderlich (DG)
Der Fliegende Holländer – Klemperer /Adam / Silja (Hunt)
Lohengrin – Kubelik / Janowitz / Jones (DG)
Die Meistersinger von Nürnberg - Dohnanyi / Janowitz / Ridderbusch (Ponto)
Die Walküre – Böhm / Rysanek / Nilsson (Philips)
Die Walküre – Solti / Crespin / Nilsson (Decca)
Parsifal – Boulez / Jones / Crass (DG)
Der Freischutz - Sawallisch / Price / Donath (Myto)
Egalement: Das Lied von der Erde - Bernstein/Fischer-Dieskau (Decca)
Enfin, Orfeo lui a récemment consacré un récital reprenant ses Lohengrin, Kaiser ou Florestan, mais ajoutant surtout plusieurs extraits de son rare Otello ; indispensable à tout fan qui se respecte:
http://operachroniques.over-blog.com/article-11771888.html