Jess Thomas, portrait

Publié le par Friedmund

 

Jess Thomas fait ses débuts en 1957 en Haufhofmeister (Rosenkavalier) à l'opéra de San Francisco. Il rejoint en 1958 la troupe de Karlsruhe où il entame sa carrière de Heldentenor par un premier Lohengrin. Il devient alors très vite un des Heldentenor majeur de son temps: dès 1960 il est invité au festival de Munich (Bacchus), en 1961 au festival de Bayreuth (Parsifal) et en 1963 au festival de Salzburg (Bacchus). Entre temps il débute à Berlin en Radamès dans la légendaire production de Wieland Wagner et intègre la troupe de l'opéra de Munich (1961). Il deviendra également membre de la compagnie du Met en 1963, et apparaît à Paris à deux reprises pour Siegmund en 1967 aux côtés de la Sieglinde de Régine Crespin, et pour Tristan en 1972. Heldentenor avant tout, il chantera pourtant des rôles aussi divers que Lenski, Florestan, Radamès, Alvaro, Calaf, Hoffmann ou Samson, et bien entendu tous les grands ténors wagnériens. Il chantera pendant 15 ans à Bayreuth, Lohengrin, Tannhauser, Walther, Siegfried et Parsifal. Siegfried de Karajan à Salzbourg, il participera aussi au Ring du centenaire pour lequel en 1976 seulement, il chantera le Siegfried du Götterdammerung. Il obtiendra la Médaille Wagner à Bayreuth en 1963. Il sera également Antoine aux côtés de la Cléopâtre de Leontyne Price lors de la création de l'opéra de Barber. Il fera ses adieux en 1982 à l'opéra de Washington, dans le rôle de ses débuts bayreuthiens: Parsifal.

Voix puissante au timbre doré, Jess Thomas était un ténor éclatant d'une chaleur communicative. Il fut le titulaire indiscutable de Siegfried dans les années 70, et le seul rival de Jon Vickers en Tristan ces mêmes années.

Discographie sélective

- son magnifique Lohengrin, ou bien en studio avec Kempe (EMI), ou live avec Sawallisch (Decca); le studio avec Grümmer et Ludwig est "de référence", mais la soirée de Bayreuth de Sawallisch avec Silja et Varnay est époustouflante d'électricité
- son Kaiser dans Frau ohne Schatten est superbe à Munich avec Keilberth (DG), mais un peu plus fatigué à Vienne avec Karajan (DG), mais il y est entouré de performances légendaires (la Farberin de Ludwig, la Kaiserin de Rysanek, le Barak de Berry... jusqu'à Wunderlich en jeune homme)
- son jeune Siegfried avec Karajan (DG) est simplement superbe de poésie et de jeunesse; le Siegfried du Crépuscule a été disponible en live de Salzbourg, toujours avec Karajan (Memories)
- son Bacchus, rôle tremplin pour lui à Munich et Salzbourg, est conservé dans l'enregistrement plutôt médiocre de Böhm (DG)
- son Parsifal avec Knappertsbusch en 1962 (Philips) est encore en manque d'idiomatisme, mais la soirée est superbe.
- à signaler également, en allemand, un Ballo avec Borkh et une Forza avec Fischer-Dieskau, les deux chez DG.

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Publié dans Oeuvres et artistes

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