Sergeï Lemeshev, portrait

Publié le par Friedmund

 

Sergeï Lemeshev naît en 1902 dans une famille très pauvre. Destiné par son père au métier de cordonnier, il quitte sa famille en 1919 pour Moscou, où il finit par intégrer le conservatoire. Peu après son diplôme, le Bolchoï souhaite l'intégrer, mais il refusera, préférant aborder de grands rôles en province plutôt que de petits rôles à Moscou. Il finira par faire ses débuts au Bolchoï en 1931, et y chantera pendant 34 ans, jusqu'en 1965. Il chantera les six dernières années de sa carrière avec un seul poumon suite à des problèmes de santé. Il chantera un dernier Lenski pour son 70ème anniversaire en 1972, et mourra à Moscou en 1977.

Lemeshev est incontestablement l'un des plus grands ténors russes du 20ème siècle, et une légende en Russie où il jouit encore aujourd'hui d'une notoriété et d'une affection immense. Sublime ténor lyrique à la voix suave mais chaude, d'un raffinement et d'une délicatesse de chant qui le fait au moins l'équivalent russe d'un Tito Schipa, Lemeshev était aussi un artiste sensible et émouvant. Ces qualités ont contribué à faire de lui un Lenski de légende, rôle qu'il enregistra par deux fois en 1936 avec Niebolssine et en 1954 avec Melik-Pachaiev et la jeune Vischneskaia; Lenski idéal, il le chanta plus de 500 fois. Il fut aussi en Alfredo, Werther, Gerald ou Roméo le ténor lyrique de son temps, aux côtés de Ivan Kozlowsky (dont il faudra bien que je vous parle aussi un jour). Vischneskaïa le décrit également comme un être humain remarquable dans sa biographie, attentif aux autres et généreux; elle fera fleurir sa tombe lors de son départ de Russie quasi simultané avec la mort de ce prince des ténors russes.


Discographie

Sa discographie est assez importante dans le répertoire russe, dont il a gravé plusieurs des rôles majeurs. Ses intégrales d'Onéguine, de Russlan et Ludmilla ou bien de la Nuit de Mai sont légendaires. Existent également de nombreuses intégrales en russe d'opéras italiens et français, dont un magnifique Alfredo.

Pour commencer, son Lenski de 54 avec Vischneskaia est un point d'entrée remarquable, d'autant plus qu'il s'agit de la version de référence de l'oeuvre. Ceux qui ne craignent pas des prises de son moins confortables se rueront sur l'intégrale studio Niebolssine de 36 tout simplement sublime également de bout en bout.

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Publié dans Oeuvres et artistes

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