Nelson et Antonacci, Champs-Elysées, 19/11/2008

Publié le par Friedmund

 

Weber :

Der Freischutz, ouverture

Berlioz :

La mort de Cléopâtre

 

Schubert :

Symphonie n°9 en ut majeur D944

 

Ensemble Orchestral de Paris

Anna Caterina Antonacci, soprano

John Nelson, direction

 

 

Il n’était pas question de rater la seconde rencontre parisienne de Berlioz et de la belle Anna Caterina Antonacci. Sa Cassandre au Châtelet fait partie de ces souvenirs ineffaçables qui demeurent présents quelle que soit la longue liste de concerts vus par la suite. Dès ses premiers mots, ses premières notes, la soprano italienne impose sa subtilité verbale, la délicatesse de son style. La langue est superbe, la sensibilité étonnante, les émotions aussi palpables que mesurées. Anna Caterina Antonacci opte pour l’intériorité plutôt que l’éclat. John Nelson l’accompagne d’ailleurs admirablement dans cette démarche : l’orchestre retient son volume mais certainement pas son intensité, et sait garder audible toutes les nuances subtiles de la chanteuse. Cette Cléopâtre implose plus qu’elle explose, dévorée par des soubresauts émotifs fatals. Elle ne meurt pas en reine en Technicolor mais en femme majestueuse d’une bouleversante humanité. Pour autant, le théâtre manque à l’artiste. J’ai été étonné par l’immobilisme au concert de cette chanteuse qui semble toujours brûler les planches à l’opéra. L’impact de son art si raffiné m’a en conséquence moins impressionné ou marqué qu’à l’habitude.   

 

Peu de choses à dire sur l’ouverture du Freischutz et la Neuvième : c’est propre, très correct, parfois même intéressant. La direction de John Nelson privilégie la clarté et l’articulation, et le tout sonne très aéré. La finesse de l’ensemble est garantie par des cordes vivaces et de bien jolis bois, dans une pâte sonore d’ensemble très agréable à entendre. Cuivres et timbales tombent par contre souvent lourdement en proportion des autres pupitres en effectif raisonnable de l’Ensemble Orchestral de Paris. Le scherzo de la Neuvième pourrait résumer mon propos : commencé merveilleusement, ludique et léger, il évolue au fil du mouvement vers une ponctuation de plus en plus envahissante des cuivres et des timbales, puis s'achève bien appesanti. Ce sentiment de déséquilibre sonore entre les pupitres, renforcé par des tempi souvent cursifs, m’a été une gêne à plusieurs reprises, pour Schubert surtout.

 

En conclusion, un concert sans histoire, un rien routinier, mais plaisant et sans accroc. Et en prime le plaisir de retrouver fidèle, ne serait-ce que pour une seule scène et au concert, l’art sans pareil d’Anna Caterina Antonacci.


       

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Publié dans Saison 2008-2009

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