Disparition de Régine Crespin

Publié le par Friedmund



Les hommages pleuvent déjà de toute part pour cette artiste aimée et estimée, et dont la France n’aura jamais tout à fait saisi la pleine valeur qui n’échappait pourtant ni à un Wieland Wagner ni à un Herbert von Karajan.

 

Je n’ai guère envie de rejoindre les éternels litanies et regrets qui saluent de manière contrite et souvent fausse la disparition des plus grands artistes. Déjà sur le net fleurissent ci et là quelques tirades croquignolettes bien peu dignes de la classe de celle qui s’en est allée; l’Elysée même, que l’on ignorait mélomane, se déclare « ému » ce soir par voie de communiqué…  Je me contente donc pour ma part de rester amoureux de cette voix, toujours, sans que rien ne change ce jour où la femme nous a quitté, à l’issue d’une longue vie et d’une carrière glorieuse. Et plutôt que de feindre l’émotion, je veux célébrer joyeusement encore et encore cette Brunnhilde idéalement enfantine et affectueuse, cette Maréchale dont la féminité élégante et spirituelle éclate à chaque mot, ou encore cette Kundry, lumineuse enchanteresse érotique, qui ravit jusqu’au sévère Hans Knappertsbusch.

 

L’artiste Régine Crespin est là, et bien là, et demeure éternelle par le miracle du disque qui perpétue sa présence à travers tant d’enregistrements indémodables, ses précieuses Nuits d’Eté chez Decca bien sûr, mais aussi ce Liederkreis ou ces Wesendonck republiés récemment dans le coffret EMI célébrant le quatre-vingtième anniversaire de l’artiste (1). Son autobiographie « A la scène comme à la ville » (ed. Actes Sud) tranche par son humour chaleureux et fin sur les poncifs du genre et permet d’entrevoir la femme derrière l’artiste.

 

(1) http://operachroniques.over-blog.com/article-5865939.html

 

 

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Publié dans Oeuvres et artistes

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