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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 19:30

 

Gioacchino Rossini   L'Italienne à Alger, ouverture

Wolfgang Amadeus Mozart  Concerto pour piano n°24

Frédéric Chopin  Valse n°5 (bis) 

Ludwig van Beethoven  Symphonie n° 7

Wolfgang Amadeus Mozart  Les Noces de Figaro, ouverture (bis)

 

Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam

Mariss Jansons direction

Leif Ove Andsnes piano

 

 

Le bonheur d'entendre cet orchestre demeure toujours sans pareil, et c'est avec joie et sans retenue que mes pas m'ont ramené Salle Pleyel en cette Saint Valentin. La déprogrammation de la Septième de Bruckner au profit de celle plus fréquentée de Beethoven portait pourtant en soi une déception certaine avant même l'entame de la première mesure. D'abord parce que le procédé reste inélégant. Ensuite parce que l'intérêt du programme n'était plus tout à fait le même. Enfin parce que les amsteldamois nous redonnaient là exactement la même structure de programme que leur concert de  2008 : un concerto pour piano de Mozart, puis une symphonie de Beethoven; et la même ouverture des Noces de Figaro offerte en bis. Prise de risque artistique nulle, et énième et banale itération d'un diptyque Beethoven/Mozart rebattu ad nauseam par les salles de concert. Passons, en cette Saint Valentin force est bien d'avouer que j'avais pour cet orchestre les oreilles de Chimène.

 

L'ouverture de L'Italienne à Alger met en valeur d'entrée tout ce que les pupitres de l'Orchestre du Concertgebouw possèdent de finesse petillante et d'élégance innée. Sans charge ni brutalité, l'esprit vif et léger, cette musique resplendit d'une lumière raffinée toute mozartienne. Et déjà aussi chacun des pupitres offre en soi un plaisir de gourmet. Le Concerto n°24 de Mozart trouve dès l'allegro initial un Mariss Jansons sévère et noir. On  coñprend bien que le tout se discute en ut mineur. Pour autant, ce Mozart wagnérisé n'est clairement pas le mien. Le toucher délicat, et même timide, de Leif Ove Andsnes en comparaison renforce encore ce sentiment de déséquilibre. Paradoxalement, la lenteur du tempo donne naissance à un larghetto certes peu mozartien mais bel et bien enivrant de pure beauté musicale. La douceur du pianiste et la richesse sonore inouïe des vents tissent en se confondant une étoffe sensuelle et merveilleuse, toute de magie et de raffinement. Et l'allegretto final retrouve une énergie plus lumineuse, quoique toujours privée d'un pianiste qui hausse le ton au niveau de celui toujours démesuré du chef. Déjà il y a deux ans le Mozart de Jansons (la Trente-sixième) - avec la Radio Bavaroise alors – ne m'avait guère convaincu par sa lourdeur et sa lenteur. Bis repetita malheureusement, et si plaisir immense il y eut lors du larghetto, le mérite en revient avant tout aux pupitres de l'orchestre, et, de manière plus marginale, au pianiste. Ce dernier ne fascinera guère plus dans sa valse de Chopin en bis que l'on pourra juger un peu pâle et facile; froide surtout.

 

A aucun moment en seconde partie, la magie du larghetto du Mozart ne réapparaitra. L'intérêt de la direction m'a pourtant semblé plus soutenu, et Beethoven dns l'ensemble bien plus satisfaisant que Mozart. Certes, on retrouve ici encore les caractéristiques usuelles du style Jansons : ampleur du mouvement, finesse et soutien des dynamiques, élégance argentée de l'ensemble. Cette Septième ainsi jouée prétendrait pourtant mal à ce rang d'apothéose de la danse que lui décernait Richard Wagner - dont la baguette était de son temps réputée frénétique lorsqu'il dirigeait Beethoven. Elégance suprême de l'ensemble, moments admirables de musicalité, jouissance sonore assurément ... mais aussi manque cruel de feu, de flamme, de frénésie, de prise de risque surtout pour une partition qui l'appelle en permanence. La lumière irradiante avec laquelle le hautbois lance le premier mouvement, le son admirablement feutré et fantastique des contrebasses au début du presto, la précision diabolique du timbalier et l'extraordinaire beauté constante des vents ne ressortent dans ce contexte qu'avec plus d'évidence encore. L'ouverture des Noces de Figaro, déchaìnée et jubilatoire sous la baguette d'Ivan Fischer il y a deux ans, conclura de manière bourgeoise et un peu grasse un concert ambivalent, objectivement somptueux, mais aussi grévé d'une routine bien convenue.


Par Friedmund - Publié dans : Saison 2010-2011 - Communauté : Musique Classique
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