Le legs sonore de Jussi Björling

Publié le par Friedmund



La réédition par Naxos du Rigoletto RCA de 1956, depuis longtemps introuvable, m’offre un beau prétexte à glisser quelques mots ici sur Jussi Björling. Cette voix m’a toujours enchanté par sa beauté si particulière et son soleil si tendre et cajoleur mais sans afféterie. La lumière scandinave réchauffe peut-être moins que celle de la Méditerranée mais quiconque à fréquenté ces régions sait jusqu’à quel point elle peut être éblouissante. L’intégrale en question est à dire vrai peu intéressante. Sauf sans doute pour les admirateurs inconditionnels du ténor suédois, et vous aurez compris que j’en suis, ou, éventuellement, pour ceux de Robert Merrill, baryton solide et mordant, superbe de timbre et d’émission, étrangement mésestimé à une époque où l’on trouve des mélomanes prêts à aduler un Leo Nucci. Le reste retient moins l’attention, quoique le Sparafucile de Giorgio Tozzi soit fort appréciable, et la direction de Jonel Perlea, tendue mais sans caricature, largement digne de baguettes réputées plus prestigieuses. De Jussi Björling on retiendra ici le savant équilibre entre l’adolescence du timbre et le mordant énergique de quelques phrasés, une épaisseur certaine et mâle aux couleurs tendres et même érotiques. Le style est suprême, quoique loin d’être en permanence irréprochable, et la voix semble parfois durcie par les années et les emplois dramatiques que Björling occupa dès le début de sa carrière. La prise de son lourde et mate a tendance aussi ici à étouffer le rayonnement d’une voix d’une exceptionnelle beauté. Sans grossièreté histrionique, ni piège opposé, fadeur et suavité de mignon, voire raideur de l’incarnation hors de propos, ce Duc est peut-être dans son ensemble le plus équilibré de la discographie. Pour le chant pur, Carlo Bergonzi reste de toute façon inapprochable. 

 

Les intégrales de studio

 

Cette intégrale de studio tout juste rééditée ne servira sans doute pas la gloire de Björling à sa juste valeur. Comme toutes les autres ou presque d’ailleurs. Jussi Björling a eu peu de chance au studio. Non content de le priver de l’opportunité de graver les Gounod ou Massenet où il était et demeure sans rival, RCA lui aura toujours opposé des environnements artistiques inféconds et d’une bien pâle qualité. Quelle misère pour le plus beau Des Grieux puccinien de la discographie que de devoir faire avec la Manon Lescaut de Licia Albanese, ou pour ce Manrico de rêve, poète et juvénile, de devoir déclarer sa flamme aux restes d’une Zinka Milanov déjà au terminus de sa carrière sous la baguette du plus inconsistant maestro de la discographie ! Le plateau exceptionnel réuni pour Aïda (Milanov, Barbieri, Warren, Christoff...) donne une vraie consistance à l'ensemble, mais Radames n'était pas le meilleur rôle de Björling loin s'en faut. Zinka Milanov et Leonard Warren seront à nouveau là pour Tosca, mais bien fades, laissant Björling seul faire le prix de l'album. Autant de disques que d'occasions ratées.  

Ce Rigoletto, qui met en vedette face à Björling les sucreries frelatées et un rien acide du tiède rossignol qu’était Roberta Peters, ne fait malheureusement pas exception à la règle. Le goût américain pour ces voix de sopranos anémiées et ornithologiques aura d’ailleurs, par l’entremise de Roberta Peters, réussi à compromettre tout à la fois les intégrales discographiques de l’Almaviva de Cesare Valetti, du Duc de Jussi Björling, et même plus tard du Tamino de Fritz Wunderlich chez DG.

 

Quelques intégrales de studio échappent pourtant au marasme. Je ne retiendrais pas nécessairement la fameuse Turandot RCA de Leinsdorf, bruyante et d’une froideur d’ensemble plutôt désagréable, et ce malgré les présences de Nilsson et Tebaldi, toutes deux captées dans des environnements sonores et artistiques plus favorables chez d’autres éditeurs. Capté tardivement, le Calaf de Björling est certes unique d’élégance et de ton patricien, mais aussi parfois impavide et bien raide. C’est en fait chez Decca et EMI que se retrouvent les intégrales sans doute les plus intéressantes. Preuve une fois de plus que de grands noms ne suffisent pas, encore faut-il rassembler une équipe et un esprit artistique authentique. Ainsi la Cavalliera Rusticana d’Erede présente notre ténor dans une forme superlative, magnifique de timbre et d’aisance, macho et séduisant à la fois, une pointe de fragilité et d’émotivité rare dans le rôle en sus. Son duo avec une Renata Tebaldi aussi inattendue que stupéfiante en Santuzza est une des choses les plus saisissantes qu’il m’ait été donné d’entendre pour ce répertoire. Ses adieux finals, ivres de plénitude sonore autant que de vin et au pathos sincère et direct sont bouleversants. Son Canio chez EMI est loin d’être négligeable également, d’autant plus que son entourage (Los Angeles, Warren, Merrill) est superbe ; il me semble toutefois globalement moins marquant que son épatant Turridu. Idem pour son Benjamin Pinkerton, toujours avec Los Angeles sans doute pas dans son meilleur rôle non plus, vraiment raide et sans la liberté de ton et le sourire qui seyent aux séducteurs les plus impénitents.  La Bohème de Thomas Beecham, toujours chez EMI, plane enfin à mille lieues au dessus du reste : un très grand chef, raffiné et aux élégances insensées, une partenaire, Victoria de Los Angeles à nouveau, crédible et au même lyrisme délicat, des seconds rôles appréciables, et, bien sûr, le plus beau Rodolfo de la discographie, poète juvénile et délicat, passionné et tendre, au chant impeccable et à la beauté de voix stupéfiante.

 

Projets discographiques inaboutis

 

La disparition prématurée du ténor suédois intervint à quelques semaines de l’enregistrement du premier Ballo in Maschera de Solti. Carlo Bergonzi remplaça Björling in extremis nous privant sans doute de bien des splendeurs. Ce n’est rien en regard des regrets que laisse cette disparition alors même qu’enfin le ténor échappait des tristes paillettes américaines de RCA pour EMI et Walter Legge. La légende veut que Legge avait alors programmé le ténor pour être le partenaire en studio de Schwarzkopf et Callas pour deux intégrales de Lohengrin et Carmen placées sous la direction de Karajan ; la première devint l’enregistrement Kempe, le second la version de Prêtre. A l’issue de l’enregistrement du Requiem de Verdi avec Fritz Reiner, RCA avait aussi dans ses cartons de faire à nouveau se rencontrer en studio le chef et le ténor suédois pour enregistrer Otello ; ce fut finalement la version bien connue de Tullio Serafin et Jon Vickers.

 

Les intégrales sur le vif

 

Le beau, le grand, le jeune Björling est heureusement conservé par le biais du live et des archives du Met essentiellement. A commencer bien sûr par ce Roméo inoubliable de la fin des années 40, idéalement adolescent, beau et patricien, à la tendresse infinie, élégant et aux manières d’un ange, au legato sublime et aux phrasés d’une classe introuvable. Jussi Björling est Roméo, comme nul autre avant, nul autre après. Il forme avec sa Juliette brésilienne, Bidu Sayao, exquise et délicieusement lyrique également, un couple inoubliable.  Un an plus tard, en 1948, Sayao sera encore sa Mimi au Met : le broadcast du Met permet d’entendre Björling plus frais de timbre et plus spontané qu’au studio huit années plus tard avec Beecham.  Sayao enfin, restera comme la vraie Gilda du Duc de Björling, dans une soirée autrement excitante que l’enregistrement présenté en introduction de cette chronique. Björling y est d’une beauté extraordinaire, et son Rigoletto n’est autre qu’un Leonard Warren encore jeune mais déjà magistral.  

C’est au live aussi qu’on pourra entendre le vrai Manrico de Björling, poète et guerrier, juvénile et héroïque, idéal de souplesse vocale et d’élan ; et avec la belle Gina Cigna en prime en Leonora en 1939.  La prise de 1960 à Stockholm est d’une meilleure qualité, mais Björling a alors sensiblement perdu ; la curiosité de la soirée me semble avant tout de l’entendre confronté à l’Azucena de la rare Kerstin Meyer. Une rumeur persistante circule à propos d'une bande qui conserverait la rencontre du Manrico de Björling et de la Leonora de Callas à Chicago en 1957. J'imagine mal qu'une telle prise aurait pu demeurer anonyme aussi longtemps alors qu'elle assurerait de façon immédiate la fortune de son propriétaire... mais, après tout, qui sait?   
 

 

Le Gustavo III de Björling est auréolé d’une grande réputation : un ténor suédois aux prises avec un monarque suédois… Je n’ai jamais été pleinement convaincu par cette incarnation, tant bien même la voix du ténor est magnifique en cette année 1940. Le rôle me paraît un peu trop grand pour lui, et malgré son beau lyrisme, la grandeur et l’esprit du personnage me semblent lui échapper. Son Don Carlo, idéalement adolescent bien sûr, moins fréquemment loué, me semble autrement plus indispensable, tant Björling excelle à en peindre à la fois les défaillances face à la Reine et la rébellion mal calculée face au Roi.  

 

Reste pour finir à parler de ce Faust, torturé et malheureux dans son laboratoire, amant fringuant et irrésistible au jardin, constamment supérieur et sans vulgarité. Les moyens sont idéaux : le legato est un rêve, l’aigu percutant, les phrasés sont élégants et soignés, et, comme toujours chez lui, la douceur n’exclut jamais l’héroïsme quand nécessaire. Comme pour Roméo, je ne lui vois, de près ou de loin, aucun rival potentiel dans ce rôle heureusement capté par deux fois par la radio américaine, aux côtés de Dorothy Kirsten en 1950 puis d’Elisabeth Söderstrom en 1959, les deux fois aux prises avec le même Méphisto idéal de Cesare Siepi. Fortement recommandé.

 

Récitals en studio

 

De très nombreux extraits ont été captés en studio dès la fin des années 30. Naxos semble d’ailleurs s’être lancé dans une publication exhaustive. Mon sentiment général est que beaucoup des prises les plus anciennes écrasent les couleurs si particulières et fascinantes du timbre du ténor. Difficile de résister pourtant à l’élan et à la beauté de bien de ces enregistrements, à commencer par le Mont Ida en suédois du jeune Björling. Parmi les prises les plus tardives, la cavatine de Vladimir et la scène de Lenski, toutes deux gravées en suédois en 1957, me semblent être des must absolus de la discographie du ténor. Toujours en suédois, la fougue de son Sou-Chong est simplement irrésistible. Personnalité artistique singulière et échappant à la médiocrité du ténor moyen, et ce malgré une gloire immense aux Etats-Unis dépassant largement le cadre de la musique dite sérieuse, Björling ne fut pas qu’un chanteur d’opéra. Il fut également un chanteur de lieder exceptionnel comme en témoignent ses nombreux enregistrement de Schubert ou Strauss, mais aussi de Sibelius ou Grieg, naturellement. 

 

Parmi les plus belles choses laissées par Björling au studio, figurent sans doute ses duos avec Robert Merrill gravés pour RCA au tout début des années 50. Le premier duo de la Forza del Destino est d’une beauté à couper le souffle, celui d’Otello sidérant de probité de chant et de souffle, et ceux de la Bohème et de Don Carlo simplement idéaux. Celui des Pêcheurs de perles échappe à toute description tant la beauté de la voix de Björling y apparaît comme surnaturelle et rend cruelle l’absence de son Nadir dans sa discographie.

 

Récitals sur le vif

 

Le live recèle là aussi plusieurs trésors inestimables. A commencer par le récital de Carnegie Hall de 1955, merveilleux de bout en bout. La tendresse chaleureuse et émue de son Adelaïde beethovénienne est indicible, les deux Ständchen de Schubert et Brahms sont fabuleux… Et que dire encore de cette Forelle spirituelle, de ce magnifique Die böse Färbe ou mieux encore de l’éblouissant Cäcilie straussien ? Je connais peu de ténors qui ont su démontrer dans ce répertoire et tant d’humeur et tant de beauté vocale. Les Grieg et Sibelius sont tout aussi épatants, En Drom en tête. Les airs d’opéra fascinent par leur diversité et par le ton très personnel que met Björling à leur interprétation. Don Ottavio, viril et presque joyeux, tient du gentleman en pleine passion amoureuse, les effusions grandes ouvertes de Loris sont irrésistibles, la fleur de Don José d’un parfum fort et délicat, les adieux de Turridu chauffés à blanc… Et que dire encore de ce lamento de Cavaradossi, pris pianissimo et très lent, et qui explose progressivement jusqu’au fortissimo final emporté dans une accélération subite menée de main de maître par l’excellent pianiste qui accompagne le ténor (Frederick Schaumecker). Cette soirée où le ténor taquine aussi la chanson napolitaine (somptueux Tosti) et même en bis la chanson américaine est de bout en bout magique. Son édition en CD est d’une grande qualité sonore et a permis la publication pour la première fois des trois Sibelius, d’un Grieg et d’un Sjöber supplémentaires, mais aussi des arias de La Bohème et Andrea Chenier.

 

RCA semble avoir gardé des traces d’un récital de mars 1958 dans le même lieu, mais les a relâchées jusqu’ici avec parcimonie, sauf erreur de ma part. Zueignung, En Drom, Nessun Dorma, et trois Schubert (Die Forelle, Ständchen, An Sylvia) me semblent les seuls éléments édités de cette seconde soirée. Espérons.

 

Quelques jours avant sa mort, Jussi Björling donnait au Concert Hall de Göteborg son ultime récital, heureusement préservé par la radio suédoise. Sept numéros, sept merveilles. La plus spectaculaire est sans doute ce récit du Graal de Lohengrin, donné en suédois, sans doute alors comme une répétition de sa prise de rôle à venir. La langue ajoute sans doute au mystère du timbre, mais jamais Lohengrin ne m’a semblé de manière si nette d’un autre monde, marqué d’une aura mystique. La facilité et la probité du chant, l’éclat de l’aigu, la mesure du ton et la qualité de phrasé et de legato, autant d’éléments inaccessibles au commun des chanteurs wagnériens, concourent à faire de cette captation une pièce d’anthologie. La scène de Lenski, en suédois encore, ne cède en rien en grandeur à celle de Lohengrin. Björling y met au soir de sa vie une intensité et une pudeur bouleversantes qui arrachent les larmes. Ce n’est plus le ténor qui chante, mais le personnage en chair en en notes qui se présente à l’auditeur. Le poignant Svarta Rosor de Sibelius prend aussi ce soir là une densité particulière par la simplicité de son ton et de sa conduite comparée à l’interprétation de Carnegie Hall cinq ans plus tôt. Säv, Säv, susa, Sibelius toujours, semble suspendu dans un susurrement, éthéré et irréel. Deux mélodies de Hugo Alfvén et une aria de Manon Lescaut complètent cette soirée aussi légendaire qu’émouvante.

 

Enregistrements divers

 

Pour être complet, il convient encore de signaler les deux enregistrements du Requiem de Verdi et celui de la Missa Solemnis de Beethoven. Le Requiem de studio tardif avec Fritz Reiner fait partie des classiques de la discographie de l’œuvre. Malgré la présence de Leontyne Price et de Jussi Björling tous deux, cet enregistrement m’a toujours laissé froid. La baguette terrible, trop sans doute, de Fritz Reiner, la prise de son très pénible et de qualité variable des studios de RCA, et les modestes Rosalind Elias et Giorgio Tozzi y contribuent tous à leur façon. Tant qu’à faire, je préfère pour autant cette version au live de Toscanini avec Milanov et Castagna, dont le moins qu’on puisse dire et qu’elles ne sont pas ici ma tasse de thé. On trouve mieux de Toscanini pour l’ouvrage. Quant à la Missa Solemnis, toujours live et de Toscanini, la prise de son est ici pour moi rédhibitoire pour un tel ouvrage, tout comme la Milanov et la Castagna encore moins à leur place ici que chez Verdi.

 

Discographie récapitulative

 

Tous les enregistrements notifiés ci-dessous sont disponibles en CD, pour les lives souvent sous plusieurs labels ; pour les studios, Naxos semblent republier largement au fur et à mesure le leg RCA de Jussi Björling.

 

Opéras et œuvres vocales

 

Beethoven : Missa Solemnis – Milanov, Castagna, Kipis, dir. Toscanini (Grammofono)

Gounod : Faust – Kirsten, Siepi, Guarrera, dir. Cleva (Myto/Naxos)

Gounod : Faust – Söderstrom, Siepi, Merrill, dir. Morel (Myto)

Gounod : Roméo et Juliette – Sayao, Valentino, Moscona, dir. Cooper (Myto)

Leoncavallo : I Pagliacci – Los Angeles, Warren, Merrill, dir. Cellini (EMI/Naxos)

Mascagni : Cavalleria Rusticana – Milanov, Merrill, dir. Cellini (RCA)

Mascagni : Cavalleria Rusticana – Tebaldi, Bastianini, dir. Erede (Decca)

Puccini : Manon Lescaut – Kirsten, Valdengo, dir. Antonicelli (Myto)

Puccini : Manon Lescaut – Albanese, Merrill, dir. Perlea (RCA/Naxos)

Puccini : La Bohème – Sayao, Valentino, dir. Antonicelli (Myto)

Puccini : La Bohème – Los Angeles, Merrill, dir. Beecham (EMI/Naxos)

Puccini : Tosca – Milanov, Warren, dir. Leinsdorf (RCA)

Puccini : Madama Butterfly – Los Angeles, Sereni, dir. Santini (EMI)

Puccini : Turandot – Nilsson, Tebaldi, Tozzi, dir. Leinsdorf (RCA)

Verdi : Rigoletto – Sayao, Warren, dir. Sodero (Naxos)

Verdi : Rigoletto – Peters, Merrill, dir. Perlea (Naxos)

Verdi : Il Trovatore – Cigna, Basiola, dir. Sandberg (Legato)

Verdi : Il Trovatore – Greco, Valentino, dir. Calusio (Arkadia)

Verdi : Il Trovatore – Milanov, Warren, dir. Cellini (RCA)

Verdi : Il Trovatore – Schymberg, Hasslo, dir. Sandberg (Bluebell)

Verdi : La Traviata – Schymberg, Molin, dir. Sandberg (Grammofono)

Verdi : Ballo in Maschera – Milanov, Castigna, Sved, dir. Panizza (Myto)

Verdi : Don Carlo – Rigal, Merrill, Siepi, dir. Stiedry (Myto)

Verdi : Requiem –  Milanov, Castagna, Moscona, dir. Toscanini (Grammofono)

Verdi : Requiem – Price, Elias, Tozzi, dir. Reiner (RCA)

 

Récitals

 

Carnegie Hall 1955 : Björling Rediscovered (RCA)

Carnegie Hall 1958 : extraits dans The Ultimate Collection (RCA)

Stockholm 1960 : Björling’s last concert (Myto)

 

Airs et duo d’opéras

 

Anthologies d’airs d’opéra : en deux volumes chez EMI, in extenso en cours chez Naxos

Duos avec Robert Merrill : inclus dans The Ultimate Collection (RCA)

 

 

Publié dans Oeuvres et artistes

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